Dona
Ivone Lara (Ivone Lara, 1922-
)
Quand
on est une femme, il n'est pas facile de s'introduire dans le
petit monde des sambistes. Si la femme fait bien partie de l'univers
de la samba, c'est souvent dans le rôle de la belle mulâtresse
qui danse avec malice. Tout au plus peut-elle prêter sa
voix pour chanter les compositions des autres. Dona Ivone Lara,
la grande dame de la samba, a donc réussi l'impossible
en s'imposant comme auteur compositeur interprète.
Ivone Lara
naquit le 13 avril 1922 à Rio dans une famille de musiciens
autodidactes. Dès sa plus tendre enfance, elle baigne dans
un environnement musical. Son père João était
un virtuose de la guitare. Il complétait son salaire de
livreur dans une entreprise de transports routiers en jouant des
sérénades et en animant des fêtes familiales
avec son groupe de choro " Os Africanos ". Sa mère,
Emerentina, chantait tous les ans au sein du bloc carnavalesque
" Flor de abacate ".
A l'école,
Ivone Lara eut comme professeur de musique Lucina Villa-Lobos,
la femme du célèbre compositeur classique Heitor
Villa-Lobos. Remarquant sa voix de contralto, Mme Villa-Lobos
la fait rentrer dans le chur de chanteuses de l'établissement.
Mais dans leur répertoire il n'y avait que de la musique
classique. La samba au début des années 30, était
encore mal vue de la bonne société et bannie de
toutes les radios.
Et pourtant
c'est la samba qui suscite la créativité de la jeune
Ivone. Rebelle, elle compose dès 12 ans sa première
samba-chanson , dédiée à Tiê, un oiseau
au plumage rouge et noir qu'elle vient de recevoir en cadeau.
Consciente de la mauvaise réputation de la samba, Dona
Ivone Lara trouve un stratagème pour donner libre cours
à sa passion : elle signera ses compositions du nom de
son cousin Fuleiro.
En 1947, elle
épouse, Oscar Costa, le fils du président de l'école
de samba Prazer da Serrinha. Cependant, elle ne trouve guère
de soutien auprès de son mari, pour qui la samba et le
carnaval restent des divertissements méprisables. Peu importe.
Têtue, Ivone Lara fera partie de l'école de samba
Império Serrano où elle écrira plusieurs
sambas-enredo (la chanson thème du défilé).
Dans les années
70, le succès arrive avec une nouvelle génération
de chanteuses. En 1978, Gal Costa et Maria Bethânia enregistrent
en duo " Sonho Meu " (Mon rêve). La chanson est
élue meilleure chanson de l'année. Un an après,
Dona Ivone Lara est invitée à enregistrer son premier
album.
Le temps n'a
pas entamé le talent de cette sambiste. Son dernier disque
" Nasci para sonhar " (Je suis née pour rêver),
enregistré à l'âge de 80 ans, a remporté
un succès important auprès du public et de la critique.
Dona Ivone Lara fut ainsi consacrée meilleure chanteuse
de l'année 2002 au Brésil. Ses samba-chansons aux
harmonies sophistiquées, sa voix veloutée de chanteuse
de blues, ont été toute sa vie les armes qu'elle
utilisa pour défendre son art.
Cliquez ici pour écouter un extrait de Sereia
Guiomar, de Dona Ivone Lara
Paroles
A sereia Guiomar
mora em alto mar
Ah como é bonito, meu Deus, o canto desta sereia
O canto desta sereia fascina
O canto desta sereia, meu Deus, domina
Discographie
Samba,
Minha Verdade, Minha Raiz, Odeon, 1979
Sorriso e Criança , Odeon, 1980
Sorriso Negro, Warner, 1981
Alegria minha gente, Warner 1982
Ivone Lara, Som Livre, 1985
Bodas de Ouro, Som Livre, 1998
Nasci pra sonhar e cantar, Lusafrica, 2001
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